Impacts positifs du barrage



Le barrage de Diama est essentiellement un barrage anti-sel. Avant sa mise en service, l'eau de mer remontait, en période d'étiage, le lit du fleuve Sénégal jusqu'à 200 km de l'embouchure. En outre, le régime du fleuve Sénégal était caractérisé par d'importantes variations saisonnières et inter-annuelles. En étiage les débits du fleuve Sénégal étaient réduits à des valeurs presque nulles.
Ces phénomènes constituaient des obstacles majeurs pour l'exploitation des immenses potentialités en terres irrigables à partir des eaux du fleuve Sénégal. Conçu et réalisé pour lever ces contraintes, le Barrage de Diama, situé sur le fleuve Sénégal, dans le delta, à 26 km en amont de la ville de Saint-Louis a eu pour résultats:
  • La disponibilité de l’eau douce en quantité suffisante et garantie toute l’année pour l’agriculture. Ainsi la zone se retrouve avec une Capacité d’irrigation de 120 000 ha double culture;
  • Le remplissage des lacs et réservoirs (le lac de Guiers, le lac de R'kiz, la dépression de l'Aftout-Es-Sahel) et l'alimentation en eau potable des centres urbains (Dakar, Nouakchott..) et ruraux;
  • Le remplissage des grandes dépressions qui favorise le maintien et le développement de la biodiversité dans les zones humides comme le parc du Diawling et celui du Djoudj ; ces parcs jouent aussi un rôle important dans le tourisme ;
  • L’alimentation en eau du bétail et la restauration du couvert végétal.

Les Enjeux environnementaux liés au barrage

S’il a permis de sauver la vallée d’une mort programmée, l’aménagement du barrage de Diama a cependant entraîné une modification importante de l’environnement global de la zone avec des impacts négatifs.
Aujourd’hui plus de 100 000 ha sont infestés par la végétation aquatique(typha australis, salvinia molesta, phragmite, etc.), avec des conséquences graves sur le milieu physique : diminution de la teneur en oxygène de l'eau, colmatage des ouvrages d'alimentation des différents bassins, envasement des axes hydrauliques, création de  bouchons empêchant l'écoulement normal de l'eau, en somme mauvaise hydraulicité, blocage des échanges essentiels entre l'eau et la surface, très fortes pertes d’eau par évapotranspiration et évapotranspiration (ETP supérieure de 50% à l’évaporation d’une surface d’eau libre), etc.
Au plan socio-économique, on note, entre autres conséquences les difficultés d’abreuvement pour le bétail, la compétition avec les cultures irriguées, la contamination des eaux à cause de l’eutrophisation, l’émergence d’habitats pour les oiseaux granivores, phacochères, insectes, tous  déprédateurs des cultures et la baisse des activités touristiques consécutive à la perte de biodiversité des parcs  du Djoudj et du Diawling. 
Enfin, on doit à la présence de ces végétaux le développement des maladies hydriques car ils forment un habitat idéal pour les larves de moustiques vecteurs du paludisme et les  mollusques aquatiques hôtes intermédiaires de la bilharziose. Ces maladies sont également liées à la présence permanente d’eau douce.
Au plan géomorphologique, le barrage de Diama a une entraîné un changement du régime de l’hydrosystème, une  modification du régime hydrologique du delta en général, de l’estuaire du fleuve Sénégal en particulier et un allongement de la Langue de Barbarie ( 550 m par an selon I.N Diop). La dégradation de la langue de barbarie a des incidences sur le parc du même nom situé à 12 km environ en aval de Saint-Louis, et qui joue un rôle important dans la protection de milliers d'oiseaux nicheurs.
Par ailleurs, avec la mise en eau de Diama, le taux de salinité devient important dans l’estuaire en saison sèche, ce qui a pour effets la dégradation des végétations de mangrove transformées graduellement en îlots, la baisse des productions maraîchères dans le Gandiolais et la difficulté d’approvisionnement en eau potable dans la même zone.
Conséquences indirectes de Diama, l’utilisation d’importantes quantités de produits chimiques pour l’agriculture a causé la pollution des nappes d'eau superficielles et souterraines par infiltration. Il y a aussi les problèmes de drainage avec le déversement des eaux usées et polluées, la sédimentation superficielle et les phénomènes de colmatage des axes.

Gestion des contraintes environnementales

L’OMVS a mis en oeuvre plusieurs projets et programmes pour mitiger les effets des aménagements sur l’environnement.
  • La création d'un instrument de veille, l'Observatoire de l’environnement, qui suit les indicateurs de changement de l’environnement et publie chaque année un rapport sur l'état de l’environnement du bassin pour les décideurs.
La lutte contre les plantes aquatiques envahissantes (typha), notamment dans le cadre du Projet Gestion des Ressources en Eau et de l’Environnement du bassin du fleuve Sénégal (GEF); c'est un processus intégré combinant des études et recherches, des actions physiques (lutte mécanique permettant l’arrachage des végétaux déjà expérimentée), des actions de valorisation et une implication des parties prenantes chargées de l’entretien et du curage des axes.

La lutte contre les maladies hydriques, entamée dans le cadre des Projets Pilotes de Santé aux actions originales (mise en place d’infrastructures, IEC, etc.), et qui se poursuit à travers le Programme de Gestion Intégré des Ressources en Eau et de Développement des Usages Multiples de l’eau (PGIRE I et II)








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